Archive pour la catégorie 'DUTEIL Yves'


APPRENDRE

11 février, 2007
DUTEIL Yves | Commentaires fermés

Sous le soleil la terre se fend Pour cet homme et pour son enfant, Après le puits qu’il faut creuser Il reste un sillon à tracer… Sans attendre…

Apprendre … À lire, à écrire, à compter Ouvrir les portes encore fermées Sur ce savoir accumulé Qu’on lui en donne un jour la clé Il a le monde à sa portée…

Lire… Apprendre à lire entre les lignes Découvrir la magie des signes Et les trésors inépuisables Qu’on emporte dans son cartable

Comprendre… C’est comme un mur que l’on traverse C’est la brume qui se disperse Une promesse encore plus belle La connaissance universelle

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Compter… Apprendre à compter sur soi-même À compter pour ceux qui vous aiment Pour faire aussi partie du nombre Pouvoir enfin sortir de l’ombre

Comprendre… Combien la vie peut être belle Et se mettre à compter pour elle Faire la somme de sa différence Et se soustraire à l’ignorance

Écrire… Apprendre à écrire son histoire À la plume et au crayon noir En appliquant son écriture Raconter sa propre aventure…

Surprendre… Cueillir ses mots comme des fleurs Semer des graines au long des cœurs Confier son âme et sa mémoire A celui qui viendra plus tard

Pour cet enfant à son pupitre Tirer la langue sur le titre Écrire son nom sur son cahier C’est plonger vers sa liberté.

PRENDRE UN ENFANT PAR LA MAIN

22 janvier, 2007
DUTEIL Yves | Commentaires fermés

Prendre un enfant par la main Pour l’emmener vers demain Pour lui donner la confiance en son pas Prendre un enfant pour un roi Prendre un enfant dans ses bras Et pour la première fois Sécher ses larmes en étouffant de joie


Prendre un enfant dans ses bras Prendre un enfant pas le coeur Pour soulager ses malheurs Tout doucement sans parler sans pudeur Prendre un enfant sur son coeur Prendre un enfant dans ses bras Mais pour la première fois Verser des larmes en étouffant sa joie

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Prendre un enfant contre soi dou, dou, dou, dou… Prendre un enfant par la main Et lui chanter des refrains Pour qu’il s’endorme la tombée du jour

Prendre un enfant par l’amour Prendre un enfant comme il vient Et consoler ses chagrins Vivre sa vie des annes et soudain Prendre un enfant par la main En regardant tout au bout du chemin Prendre un enfant pour le sien

J’AI LA GUITARE QUI ME DEMANGE

22 janvier, 2007
DUTEIL Yves | Commentaires fermés

J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça me soulage et ça s’arrange Mais ça fait pas très sérieux. Pardonnez-moi, c’est très étrange, Ça me prend là où ça veut. C’est la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu.


J’aurais pu, c’est héréditaire, Être officier d’État major, Archevêque ou vétérinaire, Clerc de notaire ou chercheur d’or. Le hasard et la génétique En ont voulu tout autrement. J’ai mis les doigts dans la musique, Et c’est ainsi qu’à présent…

J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça me soulage et ça s’arrange Mais ça fait pas très sérieux. Dans l’industrie, l’électronique, Le commerce et les assurances, J’avais des dons pour la pratique, Oui, mais côté références…

J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça fait du bien dans les phalanges, Mais ça fait pas très sérieux. Y a rien à faire pour que ça change, Faut se faire une raison. J’ai la guitare qui me démange, Alors j’écris des chansons.


J’ai appris à lire, à écrire Et je compte sur mes dix doigts Pour composer de doux délires À partir de n’importe quoi. Ne croyez pas que je m’amuse, Que je cours après les honneurs. Si je taquine un peu la muse, C’est pas pour les droits d’auteur.

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J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça me soulage et ça s’arrange, Mais au bout d’une heure ou deux, Quand je me prends pour un artiste, Ça donne un résultat miteux, Ça me rend profondément triste, Et quand je suis malheureux…


J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça me soulage et ça s’arrange, Mais c’est un cercle vicieux. Y a rien à faire pour que ça change, Faut se faire à cette idée. J’ai la guitare qui me démange, Alors j’essaie de chanter.

J’ai consulté un spécialiste Pour me guérir, mais sans succès. Il m’a dit « Si le mal persiste, Essayez de prendre un cachet. » Avant même que je le comprenne, J’étais déjà devenu chanteur, Et c’est pour ça que sur la scène, Entre les deux projecteurs…

J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça me soulage et ça s’arrange Et si c’est pas très sérieux, C’est la plus belle leçon de musique Que j’ai reçue depuis toujours; C’est la meilleure thérapeutique Quand j’ai des chagrins d’amour.

J’ai la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Ça me soulage et ça s’arrange Et quand je serai très vieux, À ma mort, je veux qu’on m’installe Avec ma guitare à la main. Si vous voyez ma pierre tombale Qui gigote à la Toussaint…

C’est la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu Dans les nuages avec les anges Et tout là-haut dans les cieux. Pardonnez-moi si ça dérange: Ça me prend là où ça veut. C’est la guitare qui me démange, Alors je gratte un petit peu. Y a rien à faire pour que ça change, Et si, dans un jour ou deux, Y a la guitare qui vous démange, Alors c’était contagieux.

HOMMAGE AU PASSANT D’UN SOIR

8 octobre, 2006
DUTEIL Yves | Commentaires fermés

Quand je jouais de la guitare Par plaisir ou par désespoir Rue Dufour et Rue Vaugirard, J’arrêtais vers onze heures du soir. Je fouillais mes carnets d’adresses Pour trouver deux sous de tendresse, Des amours que le petit jour emportait sans cesse.

J’ignorais ce qu’était ma vie, J’ignorais, mais j’avais envie De chanter pour être moins triste et moins seul aussi. Puis un soir, pour m’encourager, Un passant, surgi du passé, M’avait dit des mots qui depuis ne m’ont plus quitté.

Quand je jouais de la guitare, Avenue de l’Observatoire, J’ignorais que dans ton regard Le bonheur était provisoire. J’écrivais des chansons d’amour Et chacun s’asseyait autour. Des sourires étaient ma récompense et tu souris toujours.

J’ignorais ce qu’était ta vie, J’ignorais, mais j’avais envie De chanter pour que tout soit bien quand le ciel est gris. Tout autour dans nos univers Le printemps virait à l’hiver, Et les jours du calendrier passaient à l’envers.

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Puis j’ai joué de la guitare Sur ton cœur et loin des regards. Tout le reste était dérisoire, Le présent perdait la mémoire. Je vivais mes chansons d’amour, J’avais peur de te perdre un jour, Et j’aimais les bruits de l’école en bas dans ta cour. J’ignorais si c’était ma vie, J’ignorais, mais j’avais envie De continuer mon chemin vers le paradis. Je respirais tout doucement, J’avais peur d’éveiller le temps Qui dormait dans nos souvenirs, et j’étais content.

J’ignorais si c’était ma vie, J’ignorais, mais j’avais envie De continuer mon chemin vers le paradis. Je respirais tout doucement, J’avais peur d’éveiller ce temps: Qui dormait dans nos souvenirs, et j’étais content. Je rêvais de m’en souvenir depuis si longtemps.

Quand je jouais de la guitare Pour te plaire ou pour t’émouvoir En hommage au passant d’un soir, J’écrivais pour l’amour de l’art.

J’ignorais que c’était ma vie, J’ignorais, mais j’avais envie De chanter pour que tu sois fière de m’avoir choisi.